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🌊 Faire la paix avec nos écrans : Guide de survie dans la société amphinétique
Dans un monde saturé de notifications, où notre pouce parcourt en moyenne 145 kilomètres par an sur nos smartphones (soit trois marathons !), la question n’est plus de savoir s’il faut se déconnecter, mais comment apprendre à mieux vivre avec cette omniprésence numérique.
Dans leur ouvrage « Faire la paix avec nos écrans », François Saltiel (journaliste spécialiste du numérique) et Virginie Sassoon (docteure en sciences de l’information) proposent une approche inédite : celle de l’amphibien. Être capable de vivre en équilibre, un pied sur la terre ferme et l’autre plongé en conscience dans le flux numérique.
🧭 1. L’acte de naissance de la société « amphinétique »
Les auteurs introduisent un néologisme crucial pour comprendre notre époque : la société amphinétique.
- Étymologie : Construit sur le préfixe « amphi » (des deux côtés) et « nétique » (connexion).
- Définition : Il désigne notre nouvelle condition humaine, une hybridation constante entre le monde physique (le corps, les objets) et le monde connecté (les flux, les données).
Aujourd’hui, il n’y a plus de frontières étanches entre la « vraie vie » et la « vie virtuelle » ; les deux forment un continuum d’expériences indissociables. Internet est devenu notre océan : puissant, fascinant, mais aussi truffé de courants dangereux.
📜 2. Une traversée de l’histoire des écrans : Du grand au petit
Pour comprendre notre dépendance actuelle, l’ouvrage retrace l’évolution des « médiums-écrans ». Selon la pensée de Marshall McLuhan, chaque technologie est un prolongement du corps humain : la roue prolonge le pied, le smartphone prolonge… presque tout.
🎬 Le Cinéma : L’écran de la communion
À ses débuts, le cinéma est une toile blanche collective. C’est l’écran de la communion où des inconnus partagent un récit commun, le corps immobile et l’esprit vagabond.
📺 La Télévision : L’invasion du foyer
Le « petit écran » s’invite dans l’intimité. Il crée une présence continue et ritualisée. C’est ici que naît l’économie de l’attention : comme le disait Patrick Le Lay, le métier de la télévision est de vendre du « temps de cerveau humain disponible » aux annonceurs.
📱 Le Smartphone : L’écran total
Apparu avec l’iPhone en 2007, il est l’innovation de rupture du XXIe siècle. Il fusionne tous les outils (montre, GPS, appareil photo, radio) en un seul rectangle tactile. Il devient une prothèse de notre mémoire, mais aussi une laisse qui nous inféode à la connexion permanente.
⚡ 3. Dévoiler les mythes : Ce que la Silicon Valley nous cache
L’ouvrage déconstruit avec brio les narratifs entretenus par les géants de la Tech (GAFAM).
🛠️ Le mythe du « Turc mécanique »
Derrière l’illusion d’une intelligence artificielle divine et autonome se cachent souvent les « tâcherons du clic ». Des milliers de travailleurs précaires, payés quelques dollars de l’heure, entraînent les algorithmes en annotant des données dans l’ombre.
🌍 Le mythe cornucopien (l’abondance infinie)
On nous parle de « Cloud » (nuage), un terme évanescent qui suggère la dématérialisation. En réalité, le numérique est une industrie lourde et polluante :
- Infrastructure : 1,3 million de kilomètres de câbles sous-marins transportent 98 % des données mondiales.
- Pollution : Le secteur numérique émet plus de CO2 que le trafic aérien.
- Technocolonialisme : Un smartphone nécessite plus de 50 métaux rares, souvent extraits dans des conditions barbares au Congo (Coltan).
🧠 4. La bataille pour notre attention : Une île convoitée
Notre attention est devenue une ressource aussi précieuse que l’eau potable. Les plateformes ne vendent pas des services, elles commercialisent notre attention. « Nous ne sommes pas les passagers de ce voyage. Nous en sommes la cargaison ».
📉 La Technoférence
Ce concept désigne ces moments où le smartphone s’interpose dans nos relations physiques. Une notification qui coupe un regard, un mail consulté pendant le dîner… La technoférence érode le lien intime et appauvrit le vocabulaire des enfants (jusqu’à 68 conversations perdues par jour à cause des écrans).
🧬 Le rôle de la Dopamine
Les réseaux sociaux utilisent des techniques de « captologie » inspirées des machines à sous. Le système de « récompense aléatoire » (Skinner) nous maintient accros : nous scrollons sans fin dans l’espoir d’un nouveau « like » ou d’une information surprenante, libérant des shoots de dopamine.
👨👩👧👦 5. La méthode P.L.A.Y. : Une boussole pour les parents
Face au tsunami numérique, Saltiel et Sassoon proposent aux parents d’adopter une parentalité « suffisamment bonne » (inspirée de Winnicott), acceptant l’imperfection plutôt que la performance. Leur boussole repose sur l’acronyme P.L.A.Y. :
- P pour Partager : Ne pas laisser l’enfant seul face à ses usages. S’intéresser à ce qu’il fait, jouer avec lui, l’accompagner dans ses premiers pas sur les réseaux sociaux.
- L pour Libérer : Créer des oasis sans écrans. Redonner de la place à l’ennui, car l’ennui est le terreau de l’imaginaire.
- A pour Accueillir : Écouter les émotions de l’enfant (colère à l’arrêt du jeu, frustration). Utiliser une « trousse de secours » en cas d’exposition à des images choquantes.
- Y pour Yes or No : Poser un cadre clair et évolutif. Savoir à quoi on dit oui et à quoi on dit non avant que les habitudes ne s’installent.
📢 Citation Clé : « Nous ne sommes pas de taille face aux Gafam. Et en même temps, nous sommes les seuls à être de taille pour éduquer et protéger nos enfants. »
🏃 6. Au corps à corps : Les conséquences physiques
L’économie de la flemme nous fige. Nous déléguons tout (nos déplacements au GPS, nos courses à la livraison, notre mémoire au smartphone) au détriment de notre puissance d’agir.
- L’épidémie de myopie : En 2050, la moitié de la population mondiale pourrait être myope à cause de la sursollicitation de la vision de près sur écran.
- Le sommeil sacrifié : 70 % des adolescents consultent un écran avant de dormir. La lumière bleue bloque la mélatonine, transformant nos nuits en zones de combat cognitif.
- Les enfants d’intérieur : Les enfants passent aujourd’hui moins de temps dehors que les prisonniers. Le « dehors » est perçu comme dangereux, alors que le « dedans » numérique recèle ses propres pièges.
⚖️ 7. Vers une riposte citoyenne et politique
Faire la paix ne signifie pas capituler. C’est un combat qui exige du discernement.
🛡️ La Régulation Européenne
Grâce au DMA et au DSA, l’Union Européenne tente de briser les monopoles et d’imposer la transparence algorithmique. Les auteurs plaident pour le droit à l’interopérabilité : pouvoir quitter un réseau social sans perdre ses contacts, comme on garde son numéro de téléphone en changeant d’opérateur.
🎓 L’Éducation aux Médias et à l’Information (ÉMI)
L’ÉMI ne doit plus être une option, mais le « nouveau Bescherelle » de la citoyenneté. Il faut apprendre aux élèves à décrypter les sources, à comprendre l’économie de l’attention et à démasquer les manipulations russes ou les biais de l’IA générative.
🦢 Conclusion : L’art de vivre amphibien
Pour conclure cette traversée, l’ouvrage nous rappelle la sagesse de L’Alchimiste de Paulo Coelho : le véritable trésor n’est pas au pied des pyramides (dans le progrès technologique infini), mais déjà là, dans nos liens physiques et nos interactions humaines.
L’idéal amphibien, c’est apprendre à ralentir sans disparaître. C’est refuser l’asservissement aux algorithmes pour retrouver la joie simple d’être présent au monde, les yeux levés vers l’horizon.
💡 Analogie pour retenir l’essentiel
Imaginez que votre attention est une petite barque sur un océan déchaîné. Les GAFAM sont les courants qui essaient de vous emmener là où ils le souhaitent pour exploiter votre temps. Devenir un amphibien, ce n’est pas essayer de vider l’océan, c’est apprendre à manier les rames (le discernement) et savoir quand revenir sur le rivage (la déconnexion) pour réparer votre bateau et profiter du soleil avec vos proches.